Sith Castellan. Capitale du Monde-Ruche d'Hepheneas Prime, lui-même Monde-Capitale du système impérial d'Hepheneas. Très cosmopolite – à l'instar de nombre de ruches - , l'énorme monticule urbain était connu comme l'un des plus importants centres d'échange commercial inter-galactique ; échanges officiels, mais également officieux. En effet, cette terre d'abondance pour les commerçants de tous les horizons était aussi célèbre comme c½ur d'un incessant trafic d'armements, équipements, et accessoires divers en tous genres, profitant par ailleurs d'un marché noir incroyablement achalandé. S'y échangeaient ainsi un nombre incalculable de marchandises illicites – drogues, armes-prototypes et, encore plus grave, artefacts xenos en massive quantité – que, malgré ses effectifs récemment accrus après ordre urgentissime du Gouverneur Planétaire, l'Adeptus Arbites avait énormément de mal à contrôler. Qui plus est, comme si les hors-la-loi mercantiles n'étaient déjà pas suffisants sur ce pôle de décadence, un phénomène de gangs y était également profondément ancré ; or, qui disait gang disait guerre de gangs. Et si certains caïds de quartier n'étaient que du menu fretin pour les autorités urbaines, il existait des chefs de clan de carrure autrement plus importante, et dont les puissantes organisations pouvaient même, pour certaines, tenir tête aux patrouilles d'Arbites présentes dans leurs secteurs. Ces personnages très influents sur le système officieux de Sith Castellan étaient évidemment les principaux trafiquants du système d'Hepheneas.
- Alors, Janus, expliquez-moi cela.
Confortablement installé dans un siège de velours carmin – contrastant avec le maintien d'une révérence presque obséquieuse de son disciple Cybernetica - , le Magos Titanicus fixait nonchalamment son interlocuteur, jouant avec une petite vibro-perceuse qui traînait sur un établi. A sa gauche, demeurant fixe sur ses deux jambes, le Techmarine Alvarus Qruze était vêtu d'une longue robe rouge damasquinée de motifs divers, tous ayant trait de près ou de loin aux états de l'Adeptus Mechanicus. En face d'eux, Janus Ydr était assis à un bureau de céramite sur lequel étaient disposés de multiples piles de plans, études, et schémas de toutes sortes. Pourvoyant aux requêtes de son confrère, il répondit :
- Entendu, Frère Magos. Bon, vous savez déjà l'essentiel : un fragment de Module Tacticiel d'Acquisition d'Ondes H. à été trouvé aux abords d'une Crypte Necrontyr.
- Quelqu'un sait qu'il existe une crypte sur ce monde ? interrogea l'autre.
Ydr regarda le Magos d'un air surpris, comme si la réponse à une telle question était si évidente qu'elle ne valait même pas la peine d'être posée.
- Personne, Frère Magos, répondit-il. Imagineriez-vous la panique qu'une telle information causerait si ceux de la populace en était au courant ? Non, personne à part ceux de l'Ordo Xenos, bien entendu ; et nous.
- Bien. Continuez, je vous prie.
- Hem...oui, je disais donc que cet artefact de capitale importance se trouve donc, en toute probabilité, à l'intérieur de la crypte désignée.
- Et je sais aussi bien que vous tout ce que cela implique...
- Cela va sans dire, Frère Magos. Ainsi, étant donné le désagrément que cette situation tendue cause pour ceux de notre ordre, je me demandais si...
- Si ? interrogea le Titanicus, avec un rictus d'amusement narquois.
- Et bien..., continua Ydr mal à l'aise, il m'a semblait avoir perçu un récent arrêté stipulant que vous auriez...comment dire...sous votre « contrôle » (il regarda le colossal Techmarine d'un ½il quelque peu inquiet) certains effectifs de l'Adeptus Astartes.
- Il est vrai, approuva l'autre. Et...puis-je savoir en quoi ceci interfère avec la Crypte Necrontyr ?
- Hum...à vrai dire...je me disais que, étant donné l'ampleur des...moyens (il avait failli prononcé le mot « outil » , mais une fois de plus la silhouette massive du Space Marine le réfréna dans ses paroles) mis à votre disposition, peut-être pourriez-vous – veuillez encore une fois pardonner ma hardiesse – en faire usage, afin de mener une... « expédition » à travers la crypte, afin d'en retirer quelques informations et même – ce qui serait pour moi et pour le Clergé tout entier le pinacle de la satisfaction – le modèle en question ?
Le silence qui s'ensuivit alors fut parmi les plus désagréables qu'Ydr eut jamais à connaître de toute son existence, et la mine moitié pensive, moitié dubitative de son confrère ne fut en rien pour la détente de ses méninges mécaniques. Enfin, au bout d'une minute qui sembla être un siècle pour le Magos Cybernetica, le Magos Titanicus poussa un soupir où perçait une légère pointe d'ennui, et commença d'une voix hésitante :
- Hum...effectivement, il pourrait peut-être éventuellement advenir que votre pensée – car il ne s'agissait que d'une pensée n'est-ce pas ? pas d'une requête ou encore moins d'un ordre... - possède une certaine probabilité de fonctionnement...
Puis, se levant brusquement :
- Et bien, j'étudierai ce point posément en ma propre compagnie, si vous le permettez ; j'ai...besoin de réfléchir un peu, disons.
- Je vous en suis extrêmement reconnaissant, Frère Magos, et sachez que ce serait un élément déterminant dans notre recherche des S...des « plans » , si vous aviez l'infinie indulgence de vous charger de mon cas.
L'autre ne répondit pas et se contenta d'hocher la tête de manière désintéressée. Puis, suivi du Techmarine qui était demeuré quiet pendant toute la durée de l'entrevue, il sortit à grand pas du complexe technique d'Ydr.
Lorsqu'ils furent dehors, le Techmarine s'arrêta soudain et demanda au Magos :
- Maître Magos ? Pourquoi n'avez-vous pas tout de suite dit à Ydr que vous aviez déjà mis en ½uvre toute notre mission à travers la crypte ?
Se figeant à son tour, le Technoprêtre fixa l'Astartes dans les yeux – acte relevant soit d'un extrême courage, soit d'une extrême stupidité – :
- Alvarus, répondit-il, avez-vous remarqué toute ces « bonnes manières » , toutes ces politesses, et toutes ces formules de fonctionnalité que Janus employait à mon égard ?
- Bien sûr, Maître Magos. J'ai également remarqué qu'il faisait attention à ne pas me manquer de respect et qu'il me regardait avec inquiétude à chaque fois qu'il se sentait friser l'insolence.
- Et que pensez-vous de cela, Alvarus ?
- Je pense qu'il est logique qu'il demeure un respect contrôlé entre les membres d'une société hiérarchisée, et qu'avoir l'outrecuidance de ne pas en tenir compte pourrait être une faute grave qui mérite châtiment.
- Tss, soupira le Technoprêtre. Voilà ce qu'on appelle un Space Marine bien orthodoxe ! enchaîna-t-il avec un sourire que ses mâchoires mécaniques transformaient en un inquiétant rictus. En ce qui me concerne, j'abhorre profondément ce genre d'obséquiosité, et y préfère le franc-parler plus direct.
- C'est votre opinion, affirma Qruze d'une voix neutre. Ceci dit, je ne vois pas en quoi cela a rapport avec votre omission de tout-à-l'heure.
- Oh, ça, c'est très simple, répondit le Magos d'un ton détaché. C'est juste que j'apprécie de « jouer » avec le malaise de ce genre de personnes.
- Si je suis quelqu'un d'orthodoxe, on ne peut pas en dire autant de vous, remarqua le Techmarine avec la même neutralité.
A ces mots, le Technoprêtre sourit de nouveau. Les micro-câbles d'adamantium qui corroboraient ses deux mâchoires tordaient ses lèvres mécaniques en une grimace malveillante.